Le 30 juin au soir, les Écologistes tiennent un conseil fédéral extraordinaire obtenu par les opposants à Marine Tondelier. Une motion, portée notamment par Yannick Jadot et David Cormand, demande de rouvrir la question posée aux militants pour permettre d'envisager toutes les options, y compris renoncer à une candidature autonome et se ranger derrière une autre figure de gauche. Les lignes divergent, Jadot proche de Raphaël Glucksmann, Sandrine Rousseau plaidant pour discuter avec Jean-Luc Mélenchon, et treize députés, dont la cheffe de file Cyrielle Chatelain, appellent à sortir du face-à-face avec le PS pour ouvrir des discussions avec LFI et le PC. Le vote de la motion, soumis à un seuil de 60 pour cent du conseil fédéral, se clôt le 1er juillet à minuit, sans camp donné majoritaire à ce stade. La direction maintient sa consultation des militants du 1er au 6 juillet, pendant que Marine Tondelier est lancée dans un tour de France en van.
« sortir du face-à-face avec le PS et lancer des discussions avec LFI et le PC sur des bases claires et partagées »
La séquence montre une clarification de ligne que l'outil disciplinaire et procédural vient masquer plutôt que résoudre. Faute d'avoir tranché entre primaire, autonomie et ralliement, la direction déplace le conflit sur le terrain de la procédure, une consultation qu'elle maintient malgré la contestation, quand les opposants déplacent le leur sur celui du règlement, une motion et un conseil fédéral extraordinaire pour rouvrir la question. Chaque camp instrumente une règle faute d'accord sur le fond. Le seuil de 60 pour cent joue comme un verrou qui protège le statu quo, une majorité qualifiée étant plus difficile à réunir, ce qui avantage la direction sans qu'elle ait à trancher. L'appel des treize députés à discuter avec LFI et le PC ouvre un troisième terme là où le débat était posé en binôme avec le PS, signe que la ligne n'est pas seulement contestée mais éclatée. Le tour de France en van fonctionne comme contre-feu d'incarnation, opposer la candidate en mouvement, au contact, au récit de la crise d'appareil qui se joue en réunion.
Quand une ligne n'est pas tranchée, chaque camp se réfugie dans la règle, motion contre consultation, et le débat de fond se rejoue en bataille de procédure. Un seuil élevé protège celui qui tient l'appareil sans qu'il ait à décider, mais l'immobilisme a un coût, car une ligne éclatée finit par se voir. Opposer l'incarnation en mouvement à la crise interne est un contre-feu utile, à condition que le mouvement ne serve pas seulement à masquer l'absence de décision.